La langue qui nous habite...

La langue qui nous habite...
La langue qui nous habite...calligraphie encres de chine et gouache de Odile Pierron

lundi 12 novembre 2012

L'expression de la semaine : "Au pied levé"

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir la signification de l’expression « Au pied levé ».
Cette expression, qui signifie ne pas avoir le temps de se préparer, à l'improviste, existe depuis le XVème siècle.
L’expression vient du fait que lorsque vous avez envie d’aller quelque part, vous levez d’abord un pied puis l’autre. Au cours de cette action, vous levez le pied. Et si au cours de celle-ci, quelqu’un vous surprend à l’improviste, sans avoir le temps de vous préparer à sa demande, il vous apercevra le pied levé.
A ses débuts, l’expression n’était employée que lorsque l’on s’adressait à quelqu’un au moment où il s’apprêtait à partir, c’est-à-dire lorsqu’il avait le pied levé ! Puis au fur et à mesure, l’expression s’est généralisée à toutes les personnes qui exécutent quelque chose à l’improviste ou sans disposer du temps nécessaire pour préparer ce qu’on lui demande.
Au milieu du XVème siècle, l’expression employée était « à pied levé » puis au milieu du XVIème siècle elle est devenue « au pied levé ».

jeudi 25 octobre 2012

L'expression de la semaine : " Ne connaître ni d'Eve ni d'Adam"

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir la signification de l’expression «Ne connaître ni d'Ève, ni d'Adam».
Cette expression qui signifie n’avoir jamais entendu parler de quelque chose ou de quelqu’un, existe depuis la fin du XVIIème siècle, puisque en 1700 dans Le père Bouhous, jésuite convaincu de ses calomnies anciennes, on peut trouver l’extrait suivant : « une histoire et des bruits qui ont eu pour principal fondement la grossesse scandaleuse d'une fille qu'ils ne connaissaient ni d'Ève ni d'Adam ». Cette expression prend racine dans l’origine de l’humanité. En effet, Adam est le premier homme

mardi 16 octobre 2012

L'expression de la semaine : "Poser un lapin"

Cette expression qui date de la fin du XIXe siècle a d’abord signifié « ne pas rétribuer les faveurs d’une femme » et elle viendrait de la combinaison de deux termes argotiques, poser et lapin.
D’un côté, en 1883, Alfred Delvau, dans son Dictionnaire de la langue verte, donne à faire poser la signification « faire attendre » et de l’autre, en 1889, Lorédan Larchey dans son Nouveau supplément du dictionnaire d’argot, indique que lapin est employé là par allusion « au lapin posé sur les tourniquets des jeux de foire, qui paraît facile à gagner et qu’on ne gagne jamais ».
Autrement dit, le « poseur de lapin », terme qui a bien existé à cette époque, était celui qui faisait attendre son paiement (le lapin) ad vitam aeternam à la femme dont il avait profité. Dans ce cas, poser un lapin se disait bizarrement aussi brûler paillasse, et c’est suite à cette pratique que les dames de petite vertu ont pris l’habitude de faire payer d’avance leurs services.
Pour le sens actuel de l’expression, apparu également à la même période, il est probable qu’il y ait eu un glissement d’une attente non comblée (celle du paiement) vers une autre attente également non comblée (celle de la personne attendue), puisque dans les deux cas, il s’agit d’un engagement qui n’est pas tenu, ce que semblerait confirmer a posteriori l’édition de 1922 du Larousse universel, où il est indiqué : « Poser un lapin : [...] par extension, ne pas tenir un engagement, une promesse ».
Il est possible que ce sens ait été influencé par une des significations de lapin au début du XVIIe siècle. En effet, à cette période, lapin s’employait pour parler d’une histoire complètement inventée, source de moqueries, qui était parfois qualifiée par la forme suivante : « celle-là est de garenne », faisant allusion au lapin de garenne, plus gros que le lapin ordinaire, forme qui nous est confirmée par le Dictionnaire de l’Académie française de 1694 où on trouve à l’entrée garenne : « On dit proverbialement et bassement d’un conte ou d’un trait d’esprit dont on le raille celui-là est de garenne ».
Alors on peut imaginer que ce lapin-là ait glissé ou bondi de l’histoire ou la blague douteuse à la plaisanterie douteuse comme celle de donner un faux rendez-vous.

jeudi 4 octobre 2012

L'expression de la semaine : "Etre en odeur de sainteté"

Il a été dit, autrefois, que le corps d'un saint émettait après sa mort une odeur particulière, suave qui permettait de le distinguer aisément des autres personnes décédées.

C'est de là qu'au XVIIe siècle est apparue notre expression avec son premier sens indiqué, pour désigner une personne ayant eu de son vivant un comportement si admirable que sa canonisation était envisageable.
Mais avant cela, au XVIe siècle, il existait déjà "être en bonne / mauvaise odeur" pour désigner quelqu'un qui faisait bonne ou mauvaise impression, tant il vrai que les odeurs qui émanent d'une personne qu'on rencontre peuvent parfois inciter à la cataloguer très rapidement.
Furetière indique d'ailleurs "odeur se dit figurément aux choses morales et signifie bonne ou mauvaise réputation". Ce sens n'a pas disparu et il est resté aujourd'hui dans notre expression, la bonne odeur devenant l'odeur de sainteté et désignant, parce qu'il a fait bonne impression, quelqu'un qui est apprécié, bien vu.
Dans ce second sens, le moderne, la locution s'emploie plutôt à la forme négative "ne pas être en odeur de sainteté" pour désigner une personne mal vue par une autre.

lundi 24 septembre 2012

L'expression de la semaine : "A brûle-pourpoint"

Cette expression a une origine militaire. Lorsqu'on tirait un coup de feu sur quelqu'un de très près, à bout portant, on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse, utilisé entre le XIIIe et le XVIIe siècle).

Cette métaphore utilise d'abord l'idée d'efficacité (pour tuer quelqu'un , plus on est près, plus on a de chances de réussir) puis de soudaineté, de surprise (pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu'un, il faut le surprendre).

mardi 18 septembre 2012

L'expression de la semaine : "Avoir le béguin pour quelqu'un."

Originaire de Belgique, plus précisément de Liège, le mot « béguin » vient du premier couvent de béguines, au XIIe siècle, où les religieuses portaient cette coiffure faite d’une toile fine. Ainsi, croisée avec l’expression « être coiffé de quelqu’un », qui signifie « être aveuglé par quelqu’un », «avoir le béguin » est rapidement devenue une formule courante pour affirmer l’amour ressenti par une personne.

mardi 11 septembre 2012

L'expression de la semaine : "Donner sa langue au chat"

Autrefois, on disait "jeter sa langue au chien". Cette expression avait un sens dévalorisant car à l'époque, on ne "jetait" aux chiens que les restes de nourriture. "Jeter sa langue aux chiens" signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l'expression s'est transformée pour devenir "donner sa langue au chat" au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s'agir en "donnant sa langue au chat", de lui prêter la parole pour qu'il nous donne la réponse à une devinette.

Définition extraite de l'internaute.com.